Ce
roman se déroule
sur deux continents.
D’un
côté avec le Bosphore, Istanbul et la Turquie
et de l’autre côté de l’Atlantique
avec les USA.
D’un
côté une famille turque installée
depuis longtemps à Istanbul et
de l’autre côté une famille arménienne
qui s’est installée aux USA.
D’un
côté, la naissance d’une fille Asya,
bâtarde de Zeliha Kazanci, de famille turque,
de l’autre côté, la naissance d’une
fille Armanoush Tchakhmakhchian d’un arménien
et d’une américaine Rose de l’Arizona,
couple qui divorce. Ensuite Rose se remarie avec un turc
émigré aux US.
Chaque
famille a pris sa place dans sa société
civile en maintenant ses traditions de vie et sa culture
sauf que certains membres des nouvelles générations
ne se moulent pas dans ces traditions :
c’est d’un côté Zeliha et sa
fille bâtarde qui se libèrent des modes de
vie traditionnelle et vit dans le présent avec
l’histoire officielle,
et de l’autre côté Armanousch qui entretient
une mémoire de l’histoire de ses ancêtres
dans une communauté arménienne vivant aux
US.
Dans
ces familles turques d’Istanbul et arménienne
des US, le livre donne toute la place aux femmes ce qui
lui permet de décrire des traditions tant culinaires
que d’accueil et de croyances.
Tout
pourrait couler comme un fleuve tranquille mais des événements
se produisent et les filles prennent les premiers rôles :
Armanousch veut rencontrer sa belle-famille turque à
Istanbul car son beau-père est un Kazanci, et rencontrer
une culture décriée par sa communauté
qui a perdu une mémoire d’avant la république.
Deux
cultures immobiles bousculées par deux filles à
la page d’un côté d’Internet,
de l’autre côté d’un groupe intellectuel
rêveur et causeur, refaisant le monde.
En
final, un homme meurt et une vérité qui
éclate, deux familles dont le cours de la vie va
être bousculé par un travail de mémoire :
Qui est le père de la bâtarde et quelle est
la place de l’homme dans cette famille turque ?
Quelle est l’histoire d’avant 1920 et les
jeunes personnes d’origines différentes peuvent-elles
en parler, se comprendre, ?
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Elif Shafak
est née à Strasbourg en 1971 et a donc 38
ans.
Du
fait que sa mère était diplomate turque,
elle a grandi en Espagne, fait ses études supérieures
à Ankara et Istanbul, vécu aux Etats-Unis
d’Amérique du nord où elle a enseigné
en Arizona la politique du Proche Orient.
Elle
vit en Turquie à Istanbul où elle écrit
en Turc et en Anglais.
Dans
son livre, on peut imaginer qu’elle retrace une
partie de son expérience de vie dans divers pays,
de rencontres qui la conduisent à décrire
la vie de personnages réels, mais aussi de raconter
son propre univers familial du fait que sa mère
est célibataire.
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présentation
par Alain Dermendjian à la Maison de la Méditerranée
, Dijon, juin 2009
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