Des
mots venus d'ailleurs, glanés dans les activités
de la Maison de la Méditerranée :
barda,
bardot, Baradaï
la "barde" dont nous entourons le rôti,
les "bardeaux" dont nous couvrons les chalets,
comme le "barda" que l'on pose sur la mule
ou sur son frère, le "bardot", tous
ces mots viennent de l'arabe barda’ââ
« bât » (qui a donné en
kabyle "thavardha"). Le fabriquant
de cette « couverture de selle » s'appelle
barâd’âî (« bourrelier
»), c'est l' origine du patronyme de Mohammed
Barada'ï , homme politique égyptien
et international.
Fergani
:
en avril 2010 la Maison de Méditerranée
fait connaître aux Dijonnais le style Fergani
de robes algériennes à côté
du style chaoui lors de notre rencontre sur l'Aurès
à Plombières . Fergani est aussi le patronyme
d'un grand chanteur Constantinois ( Mohammed Tahar Fergani),
et de l'entraineur (né en France) de l'équipe
algérienne de foot. Ce nom vient de la lointaine
Fergana
juin
2010 : la vallée de Fergana,
berceau ce cette culture d'Asie centrale qui a irrigué
jusqu’au Maghreb d'un côté, et l'empire
moghol de l'autre, est aujourd'hui déchirée
par une guerre fratricide qui oppose des mafias utilisant,
fabriquant, un clivage entre Ouzbéks et Kirghiz.
Les
Aurès ou L'Aurès ?
"L'Aurès"
ou "les Aurès" ? depuis toujours, le
bourguignon Buffon, les géographes, les ethnologues,
(dont Germaine Tillion que nous célébrerons
le 24 avril à Plombières), suivant l'usage
latin, berbère et arabe, ont écrit l'Aurès
au singulier. Le pluriel est apparu en français,
dans la deuxième moitié du XXè
siècle ( Kateb Yacine dont la Maison de Méditerranée
a célébré le 20° anniversaire
de la mort, fut un des premiers écrivains à
adopter cette forme) et fut popularisé par les
militaires français, leurs souvenirs ("
Avoir 20 ans dans les Aurès") et même
des auteurs algériens ("Le vent des Aurès").
En avril 2010 , la Maison de Méditerranée
a évoqué " la culture chaouia,
de l'Aurès à ici"
Faisan
Un petit élément, tiré
par les plumes, pour nous rappeler que les guerres du
Caucase en 2008 concernent aussi l'ornithologie:
le Faisan tire son nom du fleuve Phase,
nom ancien du principal fleuve de l'antique Colchide,
(aujourd'hui Georgie) qui est aussi le nom d'espèce
du Faisan le plus lourdement diffusé en France
et au Maghreb : le Faisan de Colchide originaire
du Caucase.
bidonville
L'actualité
comme les mémoires de
la Maison de la Méditerranée nous parlent
souvent des bidonvilles. Encore une fois, les mots nous
ramènent, Français et Marocains, à
notre destin commun. Le mot "bidonville" est,
en effet, s'est répandu dans la langue française
de l'hexagone à partir de 1953 à propos
de Casablanca pour en désigner un quartier né
de l'exode rural. C'était l'époque la
révolte indépendantiste qu'a connu cette
ville ("les Carrières", marocanisé
en karian). Il s'est étendu à
l'Algérie urbaine et à la France. Avant
ce mot, pour désigner les groupements de barraques
abritant des déracinés, et, en France,
des immigrés, le français populaire les
désignait souvent (par exemple à Dijon,
pour le "bidonville" des Charmettes) sous
l'expression plus nettement coloniale de "village
nègre" (utilisée depuis longtemps
en Algérie pour les quartiers récents,
pauvres et "indigènes" des petites
villes . Le "village nègre"
d'Oran hébergeait beaucoup de Marocains.). Plus
récemment, été 2003, c'est encore
à propos de l'exploitation intolérable
de travailleurs marocains que le mot "bidonchamp"
est entré dans l'usage, à propos de ces
«bidonvilles ruraux » abritant des employés
clandestin de l’agriculture provençale.
Donnons nous les moyens pour que la vivante francophonie
nord-africaine enrichisse la langue française
à propos d'autres rapports que l'exploitation
et la misère.
En
fait, le mot "bidonvilles" était déjà
utilisé au Maroc avant la seconde guerre. Mais
ce n'est que lors des luttes pour l'indépendance
qu'il est apparu dans le vocabulaire de l'Hexagone.
C'est
un des thèmes de l'exposition et animation "Bidonvilles
: des 'carrieres centrales'de Casablanca à la
'Charmette'de Dijon" par la Maison de
la Méditerranée dans le cadre de son travail
sur les mémoires de l' immigration en Bourgogne.
Envoyez nous vos témoignages
sur les bidonvilles des années 60 et 70 en Bourgogne
et au Maghreb
La
Maison de la Méditerranée de Dijon a invité
Salah Guemriche, auteur du" Dictionnaire
des mots français d'origine arabe ".
des
visites de Dijon et de la campagne
côte-d'orienne, autour des mots venus du sud,
sont régulièrement organisées,
contactez-nous.
Proposez
nous d'autres mots qui relient les rives ou votre participation
a l'animation " les mots du français
aux confluents des Méditerranées"