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L'émigration kabyle en France : une chance pour la culture bèrbère ?

Débat avec Nadia Belaidi, auteure de “L'émigration kabyle en France : une chance pour la culture bérbère?” EUD, 2003, 134 p.

La Maison de la Méditerranée a organisé en 2003 une conférence sur l’Histoire de l’immigration maghrébine en Bourgogne. Les travaux de jeunes chercheurs, comme Noureddine Bouabane ou Nadia Belaïdi sont utilisés comme point de départ au débat.

La migration est un événement lourd dans l’histoire des individus et de leurs familles, qui nous a amené, d’autres fois à travailler sur des témoignages individuels.

Le travail de Nadia Belaïdi ne porte pas sur une trajectoire personnelle mais sur plusieurs aspects collectifs liés aux migrations.


L’immigration concerne notre société qu’elle alimente démographiquement, qu’elle enrichit culturellement.

Nadia évoque la contribution d’intellectuels et d’artistes français dont les familles sont originaires de toutes les régions d’Algérie. (« Les immigrations : une chance pour la culture française ? »). L’analyse de Nadia sur l’évolution de la politique française d’immigration montre l’urgence du débat sur une politique européenne d’immigration qui tienne compte des libertés fondamentales et du développement des pays concernés.

L’émigration frappe la plupart des Pays du Sud et de l’Est de la Méditerranée.

Elle résulte de phénomènes complexes que Nadia analyse pour une de ces régions du Sud. Parmi les causes, l’une nous concerne plus particulièrement en tant qu’association française : les responsabilités historiques de la France envers l’Algérie. En effet, ce pays a été colonisé pendant 132 ans par notre pays. Et nous nous sentons particulièrement concerné par la région, la Kabylie, spécialement pauvre (relisons Albert Camus).

Dans ces rapports internes à une société étrangère, ce qui nous intéresse, c’est ce sur quoi nous pouvons agir « ici », en espèrant ainsi contribuer à une amélioration « là-bas ». Dans ce débat, c’était l’analyse, à approfondir, de la responsabilité de la France, de son histoire mais aussi de ses médias d’aujourd'hui, dans l’exacerbation de différences entre Kabyles et autres Algériens, de langue arabe ou berbère qui nous intéressait.

L’Algérie souffre aujourd'hui de divisions douloureuses qui sont souvent entretenues par des discours. Nous avons la chance, ici de pouvoir prendre du recul par rapport à ces discours pour contribuer à de nouvelles relations entre notre pays et l’Algérie dans toute sa diversité.

En France, nous œuvrons pour que chacun, quelque soit son origine familiale, puisse participer à la construction de la société sans être identifié à des groupes ethniques plus ou moins « assimilables », et pour chacun puisse se construire en mobilisant comme il l’entend, son passé familial.

Sur tous ces points, le livre apporte des éléments très utiles. Par contre, sur les rapports internes à la société algérienne, thème qui n’occupe que quelques pages (p 19, 79 et 122 à 124) mais qui figure sur la 4° de couverture, quelques formulations s’éloignent du point de vue que nous avons à la Maison de la Méditerranée.