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Halva et Halouas à travers les Méditerranées

d'après L. Thiébaut, 2004 : Alimentation et territoires :
Une confiserie à « Appellations d’Origines Combinées » : la Halva

 

Haloua, Helva, Halwa, Chamia, Tahinia, Meliana, hàllvë, ‘halva de Macédoine’, de Bosnie…
que de noms, de références géographiques des 3 continents pour le même délice !

 

La Halva rassemble de curieuses localisations- délocalisations des recettes, référents, ingrédients, fabrication, renommées et consommation d’une confiserie attachée à tous les pays des trois quarts du pourtour Méditerranéen (et de la Mer Noire), de Marseille à Oujda en passant par Sarajevo, Salonique, Sofia, Sébastopol, Smyrne, la Syrie, Sfax et Miliana.

L’implantation de cette délicieuse tradition gastronomique comme les étonnantes références à une origine à la fois propre et étrangère illustrent le destin de la Méditerranée, de ses peuples et de toutes les traversées qu’elle a connues : invasion, reconquête, colonisation, exils, déportation, immigration, rapatriement, et aujourd'hui retrouvailles familiales et tourisme.

Le cadre géographique de ce phénomène culturel, les Pays du Sud, de l’Est mais aussi du Nord-Est de la Méditerranée, est en fait celui de l’influence ottomane et s’inscrit dans deux ensembles plus larges, le monde méditerranéen et le monde influencé par l’Islam.

 

Mets …diterranéens

Si la halva fait aussi partie du régime crétois… réel, elle ne postule pas dans cette catégorie diététique !
Par contre, pour ce qui est de l’échange culturel, du liant entre les 3 rives de la Méditerranée, la Halva est aussi méditerranéenne que l’Olivier….

 

Le régime ottoman

La zone concernée est celle qui a été influencée directement ou non par l’empire ottoman. Elle concerne tous les pays que cet empire a englobé de Tlemcen à Sarajevo en passant par le Moyen-Orient, l'Ukraine mais aussi les pays d’émigration des peuples qui le composaient : diasporas arménienne, syro-libanaise, sépharade.

Un mot arabe répandu par l’Islam

halwa (haloua) est un mot arabe qui veut dire «douceur» (dans ses deux sens), «confiserie» et «charme».

Sa racine, halâ signifie «plaire», un mot cousin, houlîâ, signifie «ornement, bijou».

Dans tout le monde arabe mais aussi dans beaucoup d’autres pays musulmans ou influencés par l’Islam (Inde, empire ottoman), halwa (haloua, halva) désigne un dessert sucré, (et parfois une pâte de soins corporels) dont les recettes et l’aspect varient.

Des Halwas à la Halva

En turc (où le «ouaou», ou «w», arabe devient «v», comme en hébreu), les haloua se disent halva et il en est de toute sorte mais la halva de Turquie qui est la plus connue à travers la Méditerranée et à travers le monde est la (ou le) halva de sésame ou Haloua Tahinia.

Ses variantes et ses «Appellations d’Origine Combinées» nous retracent toutes les traversées de la Méditerranée et des frontières qui, au fil des générations, ont produit nos sociétés, avec leurs douceurs, leurs astringences et leurs ingrédients mystérieux.

 

Les ingrédients de la Halva

La Halva (Halva tahinia) est composé de sésame, sous la forme «moulue» de tahiné, parfois d’autres graines oléagineuses (coton, amandes, pistaches ; en Russie, la base est le tournesol), de sucre, d’acide citrique, de vanille et de divers additifs...

la "mondhalvasation" ?

La Halva de sésame combine deux caractéristiques que l’on retrouve, dissociées, dans d’autres spécialités gastronomiques, dans d’autres objets patrimoniaux, mais dont l’association est un merveilleux paradoxe :

  • plusieurs pays la revendiquent comme leur spécialité,
  • dans ces mêmes pays, fabricants ou consommateurs, son nom ou son image sont associés à un pays étranger.

Ces références croisées ont précédé, même si elles ont été accentuées par, les déplacements géographiques de marques, d’usines … et de consommateurs ! A l’image d’une petite mondialisation. Comme nous le voyons sur les boites ci-contre. La plupart des boîtes sont métalliques et décorées, achetées en France, Tunisie et Algérie.

En France, au XIXè siècle la Halva n’était (très peu) connue que sous le nom de tahiné et attibuée aux « Arabes ». Aujourd'hui, comme d’autres éléments du patrimoine transméditerranéen, elle est une occasion de partager du plaisir, d’échanger des recettes, d’aller la chercher dans d’autres quartiers de Dijon !

texte intégral disponible sur demande

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