la Maison de la Méditerranée,
a organisé une soirée autour de cet écrivain
pendant la semaine de "Grésilles en fête"
de juin 2006
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Par
des projections, lectures et témoignages,
la soirée nous a fait échanger sur Mouloud Feraoun
et l’école, Mouloud Feraoun sur les deux rives de
la Méditerranée, Mouloud Feraoun et la paix, Mouloud
Feraoun l’écrivain.
Un
mot sur Mouloud Feraoun, l’écrivain
«Mouloud
Feraoun était un écrivain de grande race, un homme
fier et modeste à la fois, mais quand je pense à
lui, le premier mot qui me vient aux lèvres c'est le mot
: bonté... C'était un vieil ami qui ne passait jamais
à Paris sans venir me voir. J'aimais sa conversation passionnante,
pleine d'humour, d'images, toujours au plus près du réel
mais à l'intérieur de chaque événement
décrit il y avait toujours comme une petite lampe qui brillait
tout doucement : son amour de la vie, des êtres, son refus
de croire à la totale méchanceté des hommes
et du destin. Certes, il souffrait plus que quiconque de cette
guerre fratricide, certes, il était inquiet pour ses six
enfants mais, dans les jours les plus noirs, il continuait à
espérer que le bon sens serait finalement plus fort que
la bêtise… Et la bêtise, la féroce bêtise
l'a tué. Non pas tué : assassiné. Froidement,
délibérément ! ...» (Germaine Tillion,
18 mars 1962)
Le
15 Mars 1962, Mouloud Feraoun ainsi que Robert Eymard, Marcel
Basset, Ali Hammoutene, Max Marchand et Salah Ould Aoudia ont
été méthodiquement assassinés par
un commando Delta de l’O.A.S. Ils étaient six, Algériens
et Français mêlés. Tous inspecteurs de l'éducation
nationale, réunis le 15 mars 1962, trois jours avant la
signature des accords d'Evian, à Château-Royal dans
le quartier d'El Biar, près d'Alger. Le commando, semble-t-il
sous les ordres de l'ex-lieutenant De Gueldre, les déchiqueta
à l'arme automatique, ce jour-là, comme des chiens,
dos au mur, pour qu'un dernier espoir s'éteigne. (Jean-Pierre
Rioux)
Ses
engagements
Mouloud
Feraoun avait une passion commune avec les cinq autres personnes
assassinées ce jour là : le sauvetage de l'enfance
algérienne ; car c'était cela leur objectif, l'objectif
des Centres Sociaux : permettre à un pays dans son ensemble,
et grâce à sa jeunesse, de rattraper les retards
techniques qu'on appelle "sous-développement".
Apprendre
à lire et à écrire à des enfants,
donner un métier à des adultes, soigner des malades
; ce sont des choses si utiles qu'elles en paraissent banales
: on fait cela partout, ou tout du moins, on a envie de le faire.
[...] Et c'était de quoi s'entretenaient ces six hommes,
à 10 heures du matin, le 15 mars 1962 ... (Germaine Tillion)
Les
autres assassinés
Max Marchand : Responsable du groupe d’inspecteurs assassinés.
C’était un Normand passionné d'Algérie,
Oranais d'adoption. Une de ses œuvres les plus émouvantes
fut le «livre d’Histoire parallèle» Histoire
de France et d’Algérie, cours élémentaire
et moyen 1ère année, Librairie Hachette, 1950, qu’il
rédigea avec A. Bonnefin.
Le
fils de Salah Ould Aoudia, Jean-Philippe Ould Aoudia, a publié,
une enquête sur l'assassinat de Château-Royal (éditions
Tiresias). Il enquête minutieusement, recoupe les documents,
vomit les clauses des amnisties successives qui rendent le crime
innommable et font taire les proches des victimes. Il n'a qu'un
but : traquer les assassins de son père à El Biar,
relire cette tuerie planifiée, établir les complicités
en hauts lieux, pointer du doigt les inconscients et les aveugles,
reconstituer l'atmosphère d'affolement à Alger au
printemps de 1962, qui laissait proliférer l'exécution
à la raflette entre deux anisettes et l'attentat méthodique
des commandos surentraînés. (d'après Jean-Pierre
Rioux, Le Monde du 20 mars 1992)
Une
association pour ne pas oublier : l'Association des Amis de Max
Marchand, de Mouloud Feraoun et de leurs Compagnons, 48, rue la
Bruyère 75440 PARIS Cedex
et
à Dijon : .contactez
nous !
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