|
|
| |
|
Les Aurès
en Bourgogne
|
sur
l'Aurès, la Maison de la Mediterranée envisage
de projetter les films de Amor Hakkar « Timgad »
et « La Maison jaune »,
et un film des années 1950 : "L'Aurès"
si
vous êtes intéressés, contactez
nous !
quelques compléments
à la soirée « Les Images oubliées
de Germaine Tillion » sur les Aurès organisée
par la Maison de la Méditerranée et la ville
de Quetigny, février
2004
Présentation
de Germaine Tillon
Pourquoi
les Aurès?
Les
Aurès :
La
langue Chaoui
Les Aurès dans l’Histoire de France et d’Algérie
|
Jeune
ethnologue dans les Aurès des années 30,
résistante, déportée, Germaine
Tillion négocia pour le gouvernement français
avec les dirigeants du FLN dans les années 50.
Elle nous a quitté en 2008, à 100 ans
! Adieu Germaine, qim dhil hna !
A travers ce film, Germaine
Tillion nous fait parcourir des allers et retours à
travers le siècle et la Méditerranée
avec un certain humour. Le débat qui a suivi,
a porté sur la permanence de notre relation à
l’Algérie, de tous les liens noués,
y compris entre la Bourgogne et les Aurès, de
tous ces petits morceaux d’Algérie qui
constituent un peu de beaucoup d’entre nous.
|
|
|
Dans ces mémoires,
diverses et contradictoires que nous devons croiser pour
contribuer à l’apaisement des sociétés
impliquées, l’œuvre de Germaine Tillion
est présente, dans l’héritage des
Centres sociaux comme dans sa démarche obstinée
de dialogue.
Nous reproduisons
ici le texte d’introduction puis celui (sans les
images) des panneaux confectionnés par la Maison
de la Méditerranée pour cette soirée
qui a rassemblé une centaine de personnes à
Quetigny (Côte d'Or ).
Le film et
le débat sont au cœur du projet de la Maison
de la Méditerranée :
Construire du lien à propos de :
- traversées
de la Méditerranée : émigration,
immigration, exil, rapatriement,
- patrimoine
commun, à travers la Méditerranée
- croiser
les mémoires, «pour que ta mémoire
soit un peu de ma mémoire»
|
| POURQUOI
LES AURES ?
Les Aurès, l'Aurès ....Cette
région de l’Algérie est dans les mémoires
collectives, de la France et de beaucoup de Français,
de l’Algérie et de beaucoup d’Algériens,
notamment en Côte d'Or, en souvenirs de souffrance
ou de soleil, d’enfance ou de jeunes adultes.
C’est
un Patrimoine commun, Patrimoine Historique, archéologique,...
Patrimoine
Naturel comme en témoigne «Les Images oubliées
de Germaine Tillion» et les photos touristiques
des gorges de Ghoufi, et des cédraies et si proches
des palmeraies.
|
|
Enfin,
45 ans après le jumelage entre Côte d'Or
et Aurès, en 2004, il y a toujours des Dijonnais
dans les Aurès, des Chaouis en Côte d'Or,
et plein de personnes qui vivent d’autres traversées
de la Méditerranée, ne serait-ce que par
le cœur.
Connaître
les Aurès ne veut pas dire en faire un cas à
part mais mieux les situer dans ce «pays d’en
face» qu’est Algérie, et dans notre
Méditerranée commune. La Côte d'Or
et les Aurès sont sur le même méridien
et à quelques lieues chacune, de la mer Méditerranée.
Se connaître
sans s’enfermer, ni soi-même ni les autres
dans des catégories fermées, cultiver
ses multiples appartenances, nos points communs, la
richesse de nos différences.
LES
AURES
LA
« COTE D'AURES » : LA COTE D'OR ET LES AURES
Ce qu’écrit
Buffon sur «Auress» (dans «variètés
dans l’espèce humaine» in «de
l’homme», tome IX, p 208 : «les habitants
d’Auress ont un air et une physionomie différente
de celle de leur voisin ….» semble inspiré
de Procope qui signalait dans les mons Aurasius «des
Leucoaethiopiens, éthiopiens blancs» devenus,
chez les premiers anthropologues coloniaux, «les
Kabyles blonds du mont Auress» Djebel Aourès,
présumés descendant des Vandales et distingués
des «tribus Chaouïas» (Société
d'anthropologie de Paris, Bulletins de la Société
d'anthropologie de Paris, 1859-1860).
Stephen & Gaston Liégeard
: de la Côte d'Or aux côtes du Constantinois
Inspiré de sa «Côte d'Or»,
le préfet Stephen Liégeard a inventé
le nom de la «Côte d'Azur» qui a donné
l’appellation de «Côte de Saphir»,
pour désigner la corniche de Petite Kabylie entre
Bejaia et Djidjelli.
Le jumelage des Aurès avec le département
de Côte d'Or en 1959-60.
En mai 1959, le Conseil
général de Côte d'Or décide
un jumelage avec l’assemblée locale de
l’arrondissement de Batna. «Une association
«Bourgogne Algérie» s’est créée
sous le patronage des hautes autorités civiles
et militaires de Dijon». Le préfet 21 demanda
aux maires une «collecte de vêtements chauds»
pour les écoliers de Batna, puis, l’été
suivant, d’accueillir une vingtaine d’«enfants
musulmans» des Aurès.
En 2004, il y a toujours
des Dijonnais dans les Aurès, des Chaouis en
Côte d'Or, et plein de personnes qui vivent d’autres
traversées de la Méditerranée :
que pour tous brille le soleil de M’Chounech et
souffle le vent des Aurès !
Pourquoi
ne pas faire revivre ce jumelage ?
Entre
les montagnes des Aurès et les villes de France
qu’ils ont construit .
L’AURES
: MASSIF !
Les Aurès sont un
toponyme d’une longévité exceptionnelle
en Afrique :
-
Aurassius
des Romains (Procope),
-
Auress
pour le bourguignon Buffon,
-
Awràs
en chaoui et en arabe.
Selon les cas, les Aurès
en tant que massif englobent ou non les massifs périphériques
de « l’Aurès» : le Bélezma
(et son Parc national), les Ziban et surtout les Némentcha,
nom vif dans la mémoire d’appelés.
Dernière station
de verdure avant le Sahara, les Aurès alimentent
en eau les palmeraies des Zibans, principales exportatrices
de fruits et légumes d’Algérie
L’AURES
: DELIMITATIONS ADMINISTRATIVES
Ses limites administratives
ont évolué au gré des administrations
coloniales puis algériennes.
Du temps de Germaine Tillion
,il y avait la commune mixte des Aurès, centrée
sur Arris.
Pendant la ‘Guerre
d’Algérie’/‘Révolution’,
la Wilaya I (la première !), « Aurès-Nementcha
», va de la frontière tunisienne (ligne
Morice) à Bou-Saada.
En 1957, la France découpe
dans le département de Constantine, le département
de Batna qui va prendre le nom de département,
puis de Wilaya des Aurès en englobant les arrondissements
d’Arris, Batna, Merouane (ex Corneille), Barika,
Khenchela et Biskra. (Tébessa n’y est rattaché
que de 58 à 59).
Le code minéralogique
resta 9B jusqu’en 64 (Notons que DZ qui étaient
sur les voitures, les «lettres caractéristiques
affectées à la Côte d'Or»
jusqu’en 1940, sont devenues celles de l’Algérie
! (DjaZaïr)
En 1960-61, les projets
Gaulliens de séparer le «Sahara français»
de l’Algérie appelée à l’indépendance,
ont failli faire des Aurès une région
frontière d’avec une entité présidée
par Olivier Guichard, mort en janvier 2004.
Aujourd'hui, les Aurès
désigne un ensemble qui regroupe les Wilayas
de Batna, Khenchela et Oum-El-Bouaghi. Mais celle de
Biskra englobe une autre partie des Aurès.
LA
LANGUE CHAOUI
«Chaouia» est
un mot arabe, plutot péjoratif qui désigne
aussi la plaine de Casablanca.
La caractéristique essentielle des Chaouias est
de parler chaoui, sur une zone qui déborde largement
les Aurès, dans des régions berbèrophones
: la petite Kabylie et, en Tunisie, la Khroumirie.
Le dialecte chaoui («tacawit»
en tamazight, prononcé thachaouith) est un des
dialectes tamazight (berbère) d’Algérie,
comme le kabyle, le mozabite, le chénoui, le
zénète et le tamachaq des Touaregs. Depuis
une dizaine d’année, il est enseigné
dans les lycées des Aurès, écrit
en caractères latins ou parfois arabes.
On prête au roi Massinissa,
d’avoir diffusé, à côté
de l’écriture punique, l’écriture
lybique ou tifinagh, qui a survécu chez les Touareg.
Elles ont été reprises et modernisées
par les mouvements culturels berbères du nord
de l’Algérie, puis du Maroc pour tenter
de transcrire les autres dialectes du tamazight. Au
Maroc, les écoliers étudient l'amazighe
sur des manuels écrits dans l'alphabet tifinaghe
depuis février 2004.
Cet aparté sur une
écriture beaucoup plus minoritaire que la langue
qu’elle transcrit, ne doit pas faire oublier que,
bien qu’il n’y ait jamais eu en Algérie
autant de quotidiens francophones qu’aujourd'hui
(moins diffusés dans les Aurès que dans
d’autres régions berbèrophones),
la langue principale y est l’arabe , depuis son
parler dialectal très imagé, popularisé
par Kateb Yacine, jusqu’à sa version littéraire,
pas toujours comprise des plus de 50 ans, dans les discours
officiels, beaucoup plus créative dans la littérature
arabophone.
LES
AURES DANS L’HISTOIRE DE FRANCE ET D’ALGERIE
Le royaume numide de Massinissa,
centré sur l’Aurès, a unifié
un territoire correspondant à l’Algérie
moderne. Le Médracen, mausolée des Imedghassen,
aiëux de Massinissa, accueuille le visiteur des
Aurès venant, par la route, de Constantine ou,
par les airs, dans le nouvel aéroport de Batna.
LES AURES DES ECRIVAINS
«Ecrivains algériens,
notre soudaine apparition a tari d’un coup et
définitivement la source d’inspiration
que l’Algérie a représentée
et aurait pu continuer de le faire pour bon nombre d’écrivains
français, tous genres confondus. Finis les palmiers,
la magie des sables, les jeux interdits avec de jeunes
garçons. Nous avons fermé les portes de
ce paradis-là et mis la clef sous le paillasson.»
(Mohamed Dib, mort fin 2003 dans sa dernière
œuvre : Simorgh, 2003)
Effectivement, après des Français comme
Gide qui situe son Immoraliste à El Kantara,
ce sont des Algériens qui écrivent sur
les Aurès : Boualem Sansal situe son roman, L’enfant
fou de l’arbre creux, Gallimard, 2000 à
Lambèse.
De la «kesra»
sur la planche pour le cercle
des lecteurs de la Maison de la
Méditerranée !
LES
AURES DANS LES FILMS
Deux films ont rappelé
les Aurès aux spectateurs français :
-
"Le
Vent des Aurès" (1966), Mohamed Lakhdar-Hamina

ARTISANAT
DES AURES
Les Aurès sont une
des principales régions algériennes de
production de tapis, notamment ceux de Haracta (Belezma)
et des Nemencha (Babar) (Ministère de l’Information
et de la culture, 1973, Les musées d’Algérie,
II. L’art populaire et contemporain) mais aussi
de Ghoufi.
CHANTEURS
DES AURES
Bela Bartok en 1913, recueille
des mélodies dans la région de Biskra,
à Sidi-Okba, à El Kantara. «Bartok
y découvre surtout une parenté avec tels
aspects des musiques d’Europe centrale. Y aurait-
il là une origine commune ?» (Citron P.,
Bartok, , Seuil, 1963)
Aujourd'hui de nombreux
chanteurs chaouis célèbrent les Aurès
:
-
Aissa
Djermouni,
-
Ali
Lkhencheli,
-
Les
Berbères,
-
Thaziri,
Dihya,
-
Markunda
Aurès. …
-
et
Houria Aïchi.
Dans
le CD édité par l’association «20
ans, Barakat !» contre le code de la famille en
Algérie la chanson «Ouach adak ya el qâdhi»
«achou kyouren el qadhi» «eh juge
! qu’est-ce qui t’a pris ?» est interprétée
en chaoui par Nadia Tachaouit et Keltoum el Aurassia.
LES
CENTRES SOCIAUX EN ALGERIE
Lancés en 1955 par
Germaine Tillion, les Centres Sociaux ont fait, à
contre courant, un travail difficile en Algérie.
On y crut jusqu'au bout à l'alphabétisation
et à la formation professionnelle des jeunes
et des adultes pour apprendre, enfin, à vivre
ensemble un peu moins mal.
Parmi leurs animateurs,
il faut citer les 6 inspecteurs de l'éducation
nationale assassinés à Alger par l’OAS.
Le 15 Mars 1962, un commando Delta de l’O.A.S.
a méthodiquement assassiné Marcel BASSET,
Robert EYMARD, Mouloud FERAOUN, Ali HAMMOUTENE, Max
MARCHAND, Salah OULD AOUDIA.
Ils étaient six,
Algériens et Français mêlés.
Tous inspecteurs de l'éducation nationale, réunis
le 15 mars 1962, trois jours avant la signature des
accords d'Evian, à Château-Royal dans le
quartier d'El Biar, près d'Alger. Parmi eux,
Max Marchand, leur responsable, un Normand passionné
d'Algérie, et Mouloud Feraoun, l'écrivain
kabyle. Ils dirigent des centres sociaux lancés
en 1955 par Germaine Tillion, (…). Un commando
Delta de tueurs de l'OAS, commandé semble-t-il
par l'ex-lieutenant Degueldre, les déchiqueta
à l'arme automatique, ce jour-là, comme
des chiens, dos au mur, pour qu'un dernier espoir s'éteigne.
(Jean-Pierre Rioux)
Les centres sociaux
en Algérie 2004
«les programmes
des centres sociaux coloniaux mis en place le 27/10/1955
par le gouverneur général d’Algérie
de l’époque.» ancêtres des
«Foyers d’Animation de la Jeunesse ( FAJ)
(1965)» sont présentés comme à
la racine du Ministère (algérien) de la
Jeunesse et des Sports et du Tourisme.
|
|
|