En Côte d'Or comme ailleurs, nous sommes témoins
des dégats qu’occasionnent encore des évènements
passés liés aux relations entre la France
et l’Algérie.
Ces faits, parfois anciens, alimentent encore, plus
ou moins : le racisme, les «replis identitaires
», le sentiment que « justice n’a
pas été faite », sans parler de
leurs contributions aux déchirures actuelles
de l’Algérie. Ces évènements
(colonisation, guerre d’Algérie, exils,
…), la plupart éloignés dans le
temps, sont encore très proches dans les mémoires
de certains d’entre nous.
La Maison de la Méditerranée a la chance
de rassembler parmi ses adhérents ou sympathisants,
des personnes qui ont, par ailleurs, des trajectoires
personnelles ou familiales qui ont croisé ces
« évènements » franco-algériens
: enfants de, ou anciens : militants du FLN, du MNA,
Pieds-Noirs, Harkis, Travailleurs Immigrés des
années 60, Appelés du contingent, Juifs
d’Algérie, coopérants, autres Français
ayant vécu en Algérie, militants métropolitains
"pour la paix en Algérie », pour le
soutien au FLN ou pour l’« Algérie
française », Français qui ont traversé
la période de ces évènements sans
s’en rendre compte, Algériens de France,
exilés de la "décennie noire",
….et lecteurs de Prévert !
« pour parvenir, entre toutes les personnes fort
différentes qui ont vécu en Algérie
ou qui gardent un lien avec elle, à une réconciliation
mémorielle, il faut que toutes les mémoires
aient droit de cité » (Benjamin Stora,
2001)
La Maison de la Méditerranée contribue,
modestement et localement, « entre nous »,
à la construction d’une mémoire
française, plurielle mais apaisée, sur
l’Algérie,
Il ne s’agit pas de renvoyer tout le monde dos-à-dos
ni de faire un « tribunal de l’histoire
», mais dans un premier temps de permettre à
chacun d’exprimer son ressenti, pour certains
des souvenirs douloureux, d’écouter ceux
des autres. Puis de voir comment chacun relie ce souvenir
personnel à une histoire, un évènement
qui le dépasse, de relier à ce que le
même événement, la même date,
a pu laisser comme souvenir (comme souffrance chez l’autre).
Il s’agit de chercher une « Histoire en
partage » (Benjamin Stora), contre l’enfermement
dans des histoires « particularisées »
(Immigrés, Harkis, Pieds-Noirs, Appelés…)
en France, et en Algérie.
Nous passerons prochainement sur les Harkis pour introduire
un nécessaire échange sur toutes les souffrances
liées à ce nom
Par ailleurs, en collaboration avec la Maison des Sciences
de l'Homme de Dijon, nous collectons des témoignages
sur la guerre d'Algérie à Dijon
Nos visites de Dijon sur les
traces des Histoires croisées de nos pays nous
permettent aussi de mieux comprtendre la vision de chacun
sur les différents pays où chacun puise
ses sources.
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