en
décembre 2010, Vapeurs d'Andalous a
réuni, malgré la neige, une centaine de
Côte d'oriens pour un voyage des musiques
et des thés ( Nuits d’Orient,) à
La Vapeur
la musique arabo-andalouse, noubas et thé…s,
du Maroc à la Syrie; avec AccueilJeunes Stalingrad,
Andalousiat21
LA
TOLERANCE EN AL- ANDALUS AUX XII° ET XII° SIECLES
depuis
sa passionnante causerie (ci-dessous), Jean Pierre nous
a quitté, un triste jour d'aout 2008. La maladie
ne lui aura pas laissé le temps d'nimer la soirée
que nous projettions sur les mémoires encore
douloureuses de la guerre civile dans l'Espagne d'aujourdhui.
Adios Jean-Pierre !
Mythe ou réalité ?
Un regard sur les théologies, les sciences et
les arts
Par Jean Pierre EXERTIER, 16 février 2007, à
Quétigny
C’est parce que j’ai eu
l’occasion d’illustrer un texte célébrant
l’olivier, “l’arbre de paix”
, dans lequel je réunissais les trois religions
du Livre, (plus exactement trois religieux), c’est
parce que ma “passion “ pour tout ce qui
est espagnol me pousse, encore et toujours à
“creuser” certains thémes que j’ai,
sous l’amicale pression de la Maison de la Méditerranée,
décidé de vous faire part de mes “découvertes”.
Je ne parle pas arabe, je m’excuse pour ma mauvaise
prononciation.
SI JE PREFERE LA TOLERANCE A l’INTOLERANCE,
JE NE PRENDS ,ICI, POSITION CONTRE PERSONNE.
MYTHE OU REALITE ?
Il est assez difficile de séparer
l’un de l’autre... La notion est “contaminée”
par le Romantisme français (comme il l’a
fait, par exemple aussi , pour le Moyen Age) qui crée,
de “toute pièce” un “Orient
mythique” (ce que nous appellons l’orientalisme),
fait de la nostalgie d’un “âge d’or”
perdu, essentiellement constitué d’exotisme
et d’érotisme ( femmes au bain, “danse
du ventre”,harems, sur fond de vin de palme, d’oasis
et de folklore) . Il y a aussi, tout ausi séduisante,
la face “noire” de cet Orient là:
cruauté, “vices” multiples dont surtout
la perfidie (cf. Pierre Loti: les Femmes d’Alger).
Ce qu’écrit Prosper Mérimée
- quand même Inspecteur Général
des Monuments Historiques! - à propos d’une
femme basque (là où les “Arabes”
ont eu le moins de possibilité de s’installer!)
:”[elle possédait] une indéniable
beauté musulmane”, ou qui voit dans la
Lonja (la Bourse de commerce de la Ville de Valencia),
un “vif caractère arabe” (alors que
ce bâtiment est de style gothique flamboyant du
XV° siècle!) participe bien de l’engouement
irrationnel pour l’Orient.
Dans son Dictionnaire amoureux de l’Islam
, Malek Cheleb écrit : “ d’une certaine
façon, on peut dire que l’Andalousie -Balad
al andalus - qu’elle fut le rêve éveillé
des Arabes, un rêve grandeur nature, une sorte
de conte de fèes pour adultes, vécu en
temps réel, c’est-à-dire, pendant
sept siècles . Jacques BERQUE a écrit:
“j’appelle à des Andalousies, toujours
recommencées, dont nous portons en nous à
la fois les décombres amoncelés et l’inlassable
espérance (in Andalousies) A ces “décombres
amoncelés”, j’ajouterai que l’Andalousie
- la jazirat al-Andalus - comme l’appellent encore
les Arabes, est un mythe solidement fixé dans
les esprits, un mirage trompeur. Bien sûr, l’Andalousie
est l’aboutissement d’une grande épopée
guerrière musulmane, mais elle n’existe
plus. D’ailleurs , elle n’a jamais cherché
à correspondre aux descriptions enflammées
que les chroniqueurs ont faites d’elle: les plus
nostalgiques l’ont portée aux nues tandis
que les pessimistes, surtout les chrétiens, l’ont
brocardée presqu’autant qu’une calamité
naturelle”.
Un regard sur l’actualité
espagnole montre que des questions historiques (présence
des “Arabes” en al Andalus, de 711 à
1492) se mélangent à des questions lièes
aux problémes d’immigration actuels (Maroc,
surtout) et qu’il est trés difficile de
séparer la réalité du “mythe”
(ici, l’envahisseur “Arabe “).
ETAT DES LIEUX: du IV° siècle
au VIII° siécle
L’Ibérie , province romaine
(Hispania) , est envahie au IV° siécle par
des Barbares: les premiers envahisseurs sont les Vandales
(d’où viendrait le nom “arabisé”
d’al-Andalus, la terre des Vandales). Les Vandales
sont chassés à leur tour , vers 460, par
les Wisigoths , qui sont assimilés sans probléme
par la population. Les Wisigoths mettent en place une
monarchie élective et leur roi, Recaredo, se
convertit au christianisme. Le siège du royaume
wisigoth est Tolède
Apparaît alors une forte dichotomie
entre la religion “des élites” (le
haut clergé, la Cour) et celle du peuple, dont
les croyances (la foi ?) est trés fortement influencée
par l’arianisme ( l’évêque
Arius refuse la Trinité (“validée”
au Concile de Nicée, en 325); Jésus n’est
pas vraiment Dieu, il est comme l’Esprit, soumis
au Père. La religion “officielle”
exerce des pressions sur le peuple, le poussant, fortement,
de manière menaçante parfois, à
pratiquer la “vraie foi”. D’autre
part, les Juifs sont montrés du doigt, parfois
persécutés.
Les “ariens/arianistes”
et les Juifs attendent , chacun de leur côté,
un “événement” leur permettant
de pratiquer librement leur culte Les Juifs ne veulent
plus être stigmatisés,
les chrétiens attendent une réponse théologique
correspondant à l’enseignement d’Arius:
”il n’y a qu’un seul Dieu ”
!- Et qui donc dit cela..? . Les Musulmans !
Le texte suivant dit bien l’attente des Juifs:
“durant l’assaut [de la ville de Cordoue
par les Musulmans], les Juifs attendent avec impatience
l’arrivée des Musulmans en qui ils placent
toutes leurs espérances, car ils n’oublient
pas combien les rois Wisigoths les ont opprimé,
sans aucune pitié”.
Le pouvoir vacille, l’effondrement
se produit en 710, au moment de la mort du roi Witisa,
dont le fils, Achila, doit reprendre le trône.
Les nobles, mécontents du successeur, , élisent
alors un noble, Roderic (ou Rodrigue) et la guerre civile
éclate. Achila , rival de Roderic, fait appel
aux musulmans du “Maroc” pour qu’ils
lui viennent en aide! Il demande à un certain
comte Julian, chrétien arien, gouverneur de la
fortesse de Ceuta , de mettre ses navires à la
disposition du chef de guerre Tarik .Avec sept mille
cavaliers (dont trois cents “Arabes”), Tarik
passe les Colonnes d’Hercule et débarque
le 19 juillet 711, au lieu qui deviendra Djebel al Tarik,
la montagne de Tarik, que nous prononçons aujourd’hui
Gibraltar.
(remarque: à partir du 19 juillet 1936, des troupes,
elles-aussi marocaines, cette fois aux ordres du général
FRANCO, débarquent autour de Gibraltar,pour abattre
la République. 19 juillet, date ô combien
significative dans l’Histoire de l’Espagne!)
Le roi Wisigoth est tué à
la bataille de Guadalete, Tolède est prise. (anecdote:
TARIK cherche immédiatement la Table de Salomon,
trésor de guerre du Pharaon CACNAQ, fondateur
de la 22° dynastie égyptienne. Les Romains
s’en seraient emparée, puis les Barbares,
lors du sac de Rome... ; elle est censée se trouver
prés de Tolède.)
La Cour, quelques nobles, le clergé
trinitaire s’enfuient vers le nord ; les Pyrénées
deviennent le siège de la première résistance
chrétienne. (le “roi” Pélage,
lors d’une escarmouche militaire, “défait”
les Musulmans en Navarre. C’est le premier acte
victorieux de la Reconquista) ; enfin, en 732, Charles
Martel, sorte de “premier ministre” d’Austrasie,
“écrase” (???) les “Arabes
“d’Abd al-Rahman, sans doute un peu trop
intrépide dans ses visées de conquête,
à Poitiers. (ou plus certainement dans ses environs).
QUI SONT LES ENVAHIS ?
des paysans (les cités romaines ont disparu),
soumis au système féodal de l’époque
des “païens”, vaguement christianisés
des ariens, qui attendent des Musulmans leur liberté
de culte
une aristocratie terrienne (trés petits propriètaires)
un clergé - sans monachisme - plutôt lettré.
des Juifs, dont les activités traditionnelles-
artisanat, métiers de la banque, commerce -sont
au plus bas, en raison de la décadence des villes
et des perpétuelles “guerres civiles”
entre chefs Wisigoths. Ils attendent l’invasion,
qu’ils favoriseront . Trés vite, ils fréquenteront
l’occupant, en se rendant indispensables, en particulier
par leur don des langues: ils deviennent traducteurs/interprètes.La
renaissance des villes pendant “l’occupation”
leur fournira toutes les occasions d’exercer leurs
multiples talents.
des esclaves, en particulier des pays du nord de l’Europe
- vaste “trafic” entre le nord et le sud,
géré par les Barbares (prisonniers de
guerre)..
On estime à environ 10 millions
le nombre d’habitants de l’Ibérie
au moment de l’invasion.. Comment trois mille
cavaliers, aussi doués et “motivés”
fussent-ils ont-ils pu soumettre cette population ?
QUI SONT LES ENVAHISSEURS ?
Bien qu’on les appelle Arabes,
ils viennent en minorité d’Arabie; mais
plutôt de Syrie, de l’actuel Irak, du Yémen,
d’Afrique noire (la Mauritanie, étymologie:
noir) d’où , en partie, l’appellation
Maures ou Moros d’Espagne) et surtout d’Afrique
du nord, avec prédominance des Berbères
(étymologie: barbares!)
Deux dénominateurs communs:
la religion (l’Islam) et la langue (l’arabe),
réunis sous le drapeau vert.
Aprés bien des débats,
les musulmans ont accepté, à la mort du
Prophète en 632, l’autorité d’un
CALIFE (“l’héritier”) pour
gouvermer l’Uma (la communauté des croyants).
COMMANDEUR DES CROYANTS, le Calife est un chef POLITIQUE
-et donc militaire - et SPIRITUEL.
Les premiers Califes s’installent à DAMAS
(d’où la présence de Syriens chez
ces “Arabes”). De 711 à 756, c’est
DAMAS qui gouverne AL ANDALUS, par l’intermédiaire
d’un EMIR (sorte de préfet) siègeant
à Cordoue.
Révolution de palais: en 756, le Califat de Damas
est éliminé, de fait , par celui qui s’installe
à BAGDAD.
FAIT ESSENTIEL: en 929, l’EMIR de Cordoue se proclame
CALIFE; il ne rendra plus de compte à Bagdad,
qui laisse, à peu prés , faire.
A partir de 1031, des représentants du Calife
de Cordoue - les walies -se déclarent “rois”
du territoire qu’ils administrent. CORDOUE DISPARAIT
COMME CALIFAT, alors qu’ apparaissent 26 petits
royaumes indépendants, les royaumes “de
taïfas ” (royaumes “séparés”),
condamnés , à terme, à leur perte.
Jusqu’en 1031, la dynastie régnante
est celle des OMEYADES, symbole d’ouverture, de
tolérance, dont le DJIHAD met l’accent
sur la conquête et la maîtrise de soi par
la pratique des sciences, des arts et des lettres (poésie)
, ainsi que sur la légimité du plaisir
,bien entendu de qualité ! (la tradition chante
“les plaisirs du corps”, l’usage du
vin est tout à fait accepté,etc...)
Deux autres dynasties se succéderont jusqu’à
la Reconquista: aprés une période de semi-anarchie,
les ALMORAVIDES (“les voués à Dieu”)
établissent ,en 1046 , une sorte “d’ordre
moral” qui durera pendant un siècle. Il
n’est plus tellement question de spéculations
philosophiques ni de poésie, encore moins de
tolérance. En 1146 et jusqu’en 1230, la
dynastie des ALMOHADES (“les unitaires”)
règne en al-Andalus et l’élan intellectuel
reprend.
Le royaume de GRENADE, fondé en 1258 fut le dernier
à résister à la Reconquista, puisque
la ville tombera aux mains des Rois Catholiques en 1492.(dynastie
des Nasrides)
LE DJIHAD
C’est ce qui a poussé à l’invasion
et en même temps, plus profondément, le
mouvement qui , chez le croyant, pousse , aussi, à
la rencontre de soi et de l’autre.
Le premier sens que nous donnons à ce mot est
celui de “guerre sainte”.On lit dans le
Coran cette phrase:” ce n’est pas vous qui
les avez tués, mais Dieu qui les a tués”.
Ainsi, la guerre sainte est une illustration de la puissance
divine, derrière laquelle l’homme s’abrite.
Mais il y a un deuxième sens, illustré
par une parole du Coran “la guerre vous est prescrite,
mais vous éprouvez de la répugnance à
la faire” et ce hadith “certes nous avons
remporté une victoire; c’est la petite,
mais la grande , c’est celle que nous avons à
mener à l’encontre de nos faiblesses et
de notre ignorance”. Pour de nombreux Califes
cordouans, le djihad doit être compris dans ce
second sens : “ la conquête en direction
de l’incroyant doit être pacifique: ne fais
la guerre à personne avant d’avoir cherché
à le convaincre [des bienfaits de l’Islam].
Si la guerre doit se faire, le Prophète avertit:
“combattez pour Dieu contre ceux qui combattent
contre vous MAIS n’abusez pas, Dieu n’aime
pas ceux qui abusent”.
C’est ainsi que l’on peut comprendre l’absence
de massacres, de tueries vis-à-vis des populations.
LE DEVOIR DE PROTECTION DES COMMUNAUTES
NON MUSULMANES
Dés le second Calife -UMAR-,
les non musulmans, c’est-à-dire les chrétiens
et les Juifs - appellés “gens du Livre”,
mais aussi les disciples de Zarathoustra, de Mazda,
de Boudha ou de Vichnou sont les protégés
du Calife.
On parle de dhimmis (“les protégés”);
ils doivent payer un impôt par tête (capitation)
et/ou sur la terre dont ils sont propriétaires.
En al- Andalus, les chrétiens sont surnommés
mozarabes (les “adoptés” ou encore
”les presque Arabes”). La liberté
de culte, de fréquentation des lieux de culte,
l’activité des personnels religieux (évêques,
prêtres) est totale. Il en de même chez
les Juifs. Les persécutions religieuses viendront
sous la dynastie des Almoravides, de façon sporadique,
soit pour sanctionner des provocations contre l’Islam,
soit quand des victoires chrétiennes amputent
un peu plus le territoire d’al-Andalus. (les persécutions
consistent surtout à expulser les chrétiens
vers le nord, où ils rejoignent les armées
chrétiennes. Certes, certains seront pris dans
des razzias, des coups de mains menés par les
musulmans et vendus comme esclaves, soit en Europe,
soit , surtout, en Afrique du nord.
Si l’envahisseur a tout intérêt
à ménager l’envahi, pour des raisons
économico-démographiques - l’envahisseur
n’a jamais dépassé une centaine
de mille hommes,c’est à dire 8 à
9 % de la population totale -, il faut AUSSI lui reconnaître
une certaine conception de l’ÊTRE HUMAIN,
conception qui pousse à rapprocher - malgré
les différences si nombreuses - plutôt
qu’à séparer. On doit parler de
RESPECT pour l’autre (cf. le second sens du djihad);
ceci montre bien que nous sommes dans une civilisation
de la TOLERANCE, dans une Europe où la violence
la plus totale reste, trés souvent, la règle
“ naturelle”.
Certains chrétiens, par conviction (ce sera le
cas de la veuve du dernier roi wisigoth) ou par intérêt,
se convertissent. Ils deviennent les muladies. Convertis,
ils seront dispensés de l’impôt.
Dans de trés rares cas -contrairement aux Juifs
même non convertis -ils pourront accéder
à des fonctions officielles auprés du
Calife.
GAGNER ET ORGANISER LA PAIX
- les classes sociales:
la haute classe sociale est celle de l’aristocratie
Arabe (mais viendront des temps où être
Arabe fait courir de grands dangers, la menace venant
des Berbères du Maroc!), pénétrée
par quelques convertis et quelques Juifs,
la classe moyenne dirigeante: il s’agit de BERBERES
, soit fonctionnaires, soit intellectuels de trés
haut niveau, soit des officiers de l’armée
califale,
la classe populaire: commerçants, artisans, médecins,
hommes de loi, banquers: elle est dominée par
les Juifs,
les hommes de la terre: en majorité représentés
par les chrétiens, petits propriètaires
liès à l’Etat (qui est de fait propriètaire
du sol, grâce au paiement de tributs).
- l’appareil d’Etat:
* le Calife dirige l’Etat et l’armée;
il intervient dans les affaires religieuses.
* il est secondé par le vizir (ministre d’Etat)
et les walies (gouverneurs en province).
* les cadis sont des juges qui agissent en accord avec
la loi coranique. Il existe des cadies pour les affaires
concernant les mozarabes .
* l’impôt et les tributs constituent les
ressources de l’Etat; les mozarabes bénéficient
d’un percepteur spécial, l’exempt.
* le personnel religieux est représenté
par l’imman (“celui qui se trouve devant”
pour diriger la prière)
* l’armée est composée d’officiers
professionnels qui encadrent des mercenaires (don Rodrigue
de Bivar, le fameux Cid (le “Caïd”),
a mis son bras au service de l’Islam, jusqu’à
ce que les chrétiens le payent mieux que les
musulmans!). Elle est pour l’essentiel composée
de cavaliers, extrémement doués pour les
coups de mains, la guerre de conquête,
mais beaucoup moins dans des guerres de siège
(soit comme attaquant, soit comme défenseurs).
LES MOEURS
L’occupant épouse des
femmes d’origine chrétienne ou juive .
Si la société s’islamise tout à
fait naturellement,et qu’ainsi les lois et coutumes
musulmanes “s’imposent”, il convient
de remarquer le statut original de la femme:
polygamie: elle existe; la première épouse
inscrit sur son contrat de mariage un certain nombre
de clauses opposables aux éventuels abus de son
mari (nombre de concubines, liberté personnelle..)
le cadi peut donner raison à l’épouse
qui estime que ses droits ne sont pas respectés:
elle peut obtenir alors réparation (par exemple,
un châtiment terrible en Islam: la perte de l’autorité
paternelle sur les enfants),
la femme peut recevoir chez elle, en toute liberté,
la femme va à la madraza, l’école
coranique,
les enfants portent le nom de leur mère puisqu’ils
recoivent d’elle leur condition: servage ou être
libre, mais pas celle de leur père.
LES TRANSFORMATIONS
D’abord, une urbanisation systématique;
les envahisseurs sont gens des villes car on ne peut
pas vivre de façon permanente au désert.
Ce sont les villes qui donnent l’identité
musulmane.
La médina constitue le cente de la ville, où
l’on trouve le zocco (le souk), la (ou les) mosquée(s)
et son école , les établissements de bains
( la méticulosité en matière de
“propreté” chez les musulmans est
un vrai objet de curiosité, voire de méfiance
,de la part des chrétiens!).
Voici ce qu’écrit al-Idrisi,en
1154, dans l’ouvrage le livre de Roger à
propos de Cordoue: ” la ville de Cordoue est la
capitale et la métropole d’al-Andalus;
c’est le siège du califat musulman. Les
qualités des habitants de Cordoue sont trop célèbres
pour qu’il soit nécessaire d’en faire
mention et leurs vertus trop évidentes pour qu’on
puisse les taire. Ils conjuguent splendeur et beauté.
Ce sont les plus grands savants de cette contrée
et des modèles de pièté. Ils sont
renommés pour la pureté de leur doctrine,
la probité de leurs gains, la beauté de
leur apparence, qu’il s’agisse d’habits
ou de montures, l’élévation de leur
intérêt pour les assemblées et les
rangs, et leur maîtrise des mets et boissons.
Ils sont, de plus, doués du caractère
le plus aimable et des manières les plus dignes
d’éloges. Cordoue ne manqua jamais de savants
illustres ni de personnages distingués. Ses marchands
sont riches et possèdent des biens abondants,
ils vivent dans l’aisance et ont des montures
somptueuses. Ils sont mus par une noble ambition.”
La majeure partie de la population
est composée d’artisans: travail du cuir
(Cordoue a donné “cordonnier”), ivoire,
métaux vulgaires et précieux, poterie,
verre...,
de marchands, souvent de taille internationale, qui
maîtrisent les échanges entre l’Orient,
l’Extrème-Orient ,l’Afrique et l’Occident,
de banquiers, majoritairement Juifs,
sans oublier les intellectuels : artistes médecins,
scientifiques, philosophes, traducteurs....
Au XIII° siècle, Cordoue
compte environ 250000 habitants (Bagdad, plus d’un
million!), posséde une bibliothèque de
plus de quatre cents mille ouvrages, propriété
du Calife, mise à la disposition de tous.
Cordoue accède alors au rang de première
capitale intellectuelle du monde occidental: tous ceux
qui souhaitent apprendre tout ce qu’on peut apprendre
y font un passage obligé.
Le Calife est LE personnage incontournable
au plan européen: c’est lui, par exemple,
qui a la haute main sur les passeports pour voyager
en Europe, sur terre et sur mer...
LA CAMPAGNE
L’agriculture reste trés
secondaire dans l’économie d’al-Andalus;
cependant on voit l’apparition et l’amélioration
de nouvelles techniques permettant l’irrigation
(norias). La maîtrise, extrémement raffinée,
de l’eau permet de nouvelles cultures: coton,
artichaut, pêche, abricot, asperge, riz, oranger,
canne à sucre, mûrier (pour la soie). Que
ce soit pour la consommation locale et bien plus internationale
(canne à sucre, soie), l’agriculture d’al-Andalus
ne saurait être négligée.
LA TOLERANCE
C’est un mot “moderne”, polysémique.
Je crois qu’il faut le prendre comme une forme
. du respect des DIFFERENCES que porte l’autre,
. de l’intérêt que l’on porte
à l’autre à travers sa PENSEE (sa
“philosophie”), sa CULTURE, beaucoup plus
qu’à travers sa foi (et encore moins son
culte),
. du désir de jouir de ce que Dieu a donné
et ainsi de chanter gloire à Dieu lorsqu’il
permet à l’Homme de réussir comme
être “créé à l’image
de Dieu”.
Permettre l’expression de toutes
les “qualités” de l’Homme,
proclamer un Homme unitaire, dans son corps, son esprit,
ses sentiments, reconnaître que c’est le
destin de tout Homme, puisque créé par
Dieu, c’est ainsi que l’Islam - cet Islam
là - vit le mot tolérance.
Comment ne pas reconnaîte qu’il
y a chez ce conquérant un grand respect pour
son vaincu en lisant ce texte: “au nom d’Allah
, le Clément, le Misericordieux. Edit d’Abd
al Aziz ibn Musa [chef Berbère] pris sur Tudmir
[ Théodomir, duc wisigoth] : ce dernier obtient
la paix et reçoit la promesse, sous la garantie
d’Allah et de son prophète que son état
et celui de son peuple se seront pas modifiés;
qu’aucun de ses sujets ne seront mis à
mort, ni retenus prisonniers, ni séparés
de leurs épouses ni de leurs enfants; que leur
pratique religieuse ne sera pas interdite; que leurs
églises ne seront ni pillées, ni démantelées
, ni brûlées. Tout cela est garanti si
les conditions auxquelles nous le soumettons sont respectées.
il reçoit la paix contre la remise [entre mes
mains] des villes et cités suivantes: Orihuela,
Baltana, Alicante, Mula, Villena, Lorca et Ello. En
plus, il ne doit donner asile à quiconque qui
fuit nos troupes ou à un nôtre ennemi ni
non plus faire du mal à qui nous fuit ou qui
est notre ennemi, ni faire du mal à quiconque
bénéficie de notre protection, ni nous
cacher une quelconque information concernant nos ennemis
qu’il aurait à connaîte. Lui et ses
sujets paieront un tribut annuel, pour chaque personne:
un dinar , quatre mesures de blé, d’orge,
de jus de raisin et de vinaigre, deux de miel et deux
d’huile d’olive; les serviteurs ne donneront
qu’une mesure. Fait au mois de Rayab, l’année
94 de l’Hégire [713] . Ont signé
comme témoin Uzman ibn Abi ‘ Abda ,Habib
ibn Abi ‘Ubaida, Idriss ibn Maisara et Abul Qasim
al-Mazàli.”.
Comment ne pas noter ce “détail”
qui reconnaît aux secrétaires mozarabes
du Calife le dimanche comme jour de repos et le droit
de s’absenter du palais ?
Comment ne pas voir de la “ tolérance”
dans le fait que des musulmans participent à
des fêtes chrétiennes, en particulier Noël
?
. Les scientifiques, quelles que soient leur origine
ou leur religion collaborent étroitement: la
chronique rapporte le travail commun d’un évêque
et d’un spécialiste des haddiths en vue
de paufiner une traduction d’Aristote!
Certes, il y a des limites et des mises
en garde; ainsi: “ Croyants, ne prenez pour ami
ni chrétien ni juif ! Ils sont amis l’un
de l’autre et celui d’entre vous qui noue
une amitié avec l’un d’eux devient
l’un d’eux ! Or Dieu ne guide pas le peuple
impur !” Coran 5-56
ou encore:” Ne vendez pas aux juifs ni aux chrétiens
des livres de science, car ils les traduisent et en
attibuent le contenu à leurs évêques
ou à leurs rabbins... C’est ainsi qu’ils
traitent l’oeuvre des musulmans !”. (auteur
inconnu, on peut penser à un commerçant
“grugé”...)
et enfin :” un musulman ne doit
pas ramasser les ordures du juif ou du chrétien
et encore moins nettoyer ses latrines, parce que les
chrétiens et les juifs sont faits pour ces travaux,
réservés aux êtres vils”.
(auteur inconnu).
A quoi répond “ nous avons
des exemples de la douloureuse affaire qu’est
d’avoir des musulmans dans vos domaines. Il est
aussi raisonnable de garder chez soi des ennemis si
perfides ou même les avoir pour voisins que de
mettre un serpent dans son giron ou le feu à
sa maison. Votre Créateur souffrre pendant que
les musulmans célèbrent le nom de Mahomet
au milieu des chrétiens.Il serait conforme à
vos excellentes oeuvres que vous exiliez tous ces gens
hors de vos domaines”.Lettre de Clément
V [pape français] au roi d’Aragon, vers
1310.
LE SAVOIR COMME TUTEUR DE LA TOLERANCE
En al-Andalus, il est frappant de constater
que le pouvoir politique et (donc) religieux est presque
toujours contrebalancé par des esprits libres,
artistes, scientifiques, philosophes. Qui ose dire,
aux XII° et XIII° siècle, en Occident
“ cherche le savoir du berceau à la tombe
“ ? C’est Mahomet. qui l’enseigne....;
la sagesse populaire d’al-Andalus dit que “le
meilleur des princes est celui qui fréquente
les savants et que le pire des savants est celui qui
fréquente les princes”. Enfin, retenons
cet haddith : “ il n’ya rien de plus important
aux yeux de Dieu qu’un homme qui a appris une
science et l’a enseignée aux autres”.
Ainsi, et c’est paradoxal pour notre raisonnement
“moderne”, c’est le religieux qui
demande au rationnel , la foi qui demande au savoir
d’intervenir pour édifier la tolérance.
Il faudrait plusieurs heures pour énumérer
tous les libres penseurs -et néanmoins tout à
fait croyants , au moins nous pouvons le supposer -
qui ont permis à al-Andalus de porter jusqu’à
nos jours une si forte image , voire d’être
érigé en symbole absolu de la tolérance.
Chez les “Arabes “:
tout ce qui concerne le domaine des sciences exactes
et logiques: chiffres “arabes”, algébre
et utilisation du 0 , astronomie, médecine ..
C’est sur ce substrat scientifique que s’édifie
une pensée plus spéculative qui ouvre
à la “véritable” philosophie,
celle d’Aristote... du moins c’est ce qu’enseigne
AVERROES (1126-1198), LE commentateur d’Aristote.
Averroés interprète plus qu’il ne
commente Aristote; un siècle plus tard , sa pensée
est enseignée en Sorbonne... et il ne faudra
pas moins d’un Thomas d’Aquin pour contribuer
à faire diminuer son influence. Les fondamentalistes
musulmans seront trés sévères vis-à-vis
d’Averroés.
Chez les Juifs : MAIMONIDES (1135-1204),
né à Cordoue, médecin, rabbin le
plus célèbre du Moyen Age, considéré
comme la plus haute figure post-biblique (“Entre
Moïse et Moïse [Maïmonides], il n’y
a pas d’autre Moïse!” dit la tradition
juive). Il cherchera à concilier la foi ardente
(djihad de “guerre”) et la Raison (djihad
de développement personnel). Lui aussi fut soumis
à la haine des fondamentalistes juifs et musulmans,
ce qui l’obligea à l’exil (Maroc
puis Palestine et enfin Egypte (où il fut le
médecin du fameux Sal-al-Din, notre Saladin,
qui s’empara de Jérusalem en 1187). Thomas
d’Aquin appréciera et développera
sa pensée.
LES PASSEURS-LES TRADUCTEURS
Les Juifs, maîtres des langues
grecque, arabe, hébraïque, latine, romanes
sont les plus actifs comme “passeurs”. Les
textes antiques sont traduits du grec à l’arabe,
langue véritablement commune à la population,
puis, selon la demande, de l’arabe à une
autre langue).Parmi tous ces traducteurs, on retiendra
le nom de Gérard de Crémone (1114-1187),un
chrétien, le plus fameux des traducteurs de l’arabe
en latin médiéval et ainsi “fournisseur”
de textes aux Universités européennes,
en plein développement.
On peut affirmer que grâce à
la tolérance intellectuelle, à la mise
en commun des savoirs et des réflexions de chaque
communauté, on a assisté à un véritable
renouveau des sciences et ,d’une façon
plus générale ,de l’Humanisme cher
à l’Antiquité en al-Andalus. Ceci
est à l’évidence en totale opposition
avec la réalité de ce qui se passe , à
cette époque, dans le reste de l’Occident
où soit on a abandonné la recherche intellectuelle,
soit on l’a subordonnée au primat de la
foi.
LES ARTS
L’art ,en al-Andalus, est une
sorte de synthède des arts qui s’étendent
sur un espace immense: de la Chine et de l’Inde,du
Moyen Orient, de l’Afrique noire et de l’Afrique
du nord. Toutes ces influences se rangent sous la conduite
de la religion, aussi on parlera d’un art musulman.
La coupole, le minaret, l’ornementation (avec
la limite ,si créatrice ici, de l’interdit
de la représentation humaine) connue sous le
nom générique d’arabesques, l’utilisation
de la lumière et de l’eau sont des éléments
majeurs pour créer des effets “magiques”
(motifs atauriques).Ainsi sont dites les grandeurs et
les beautés de la création, mises au service
de l’Homme, s’il sait en user sans en abuser.L’arc
en fer à cheval ou outrepassé n’est
pas musulman, c’est un emprunt à l’architecture
wisigothique.
Les arts décoratifs: la marquetterie mêlée
à l’ivoire,l’ inclusion de fils d’or
dans un métal (le damasquinage ou le “tolède”)
, la calligraphie témoignent d’un fort
sens esthétique. En architecture militaire, on
notera les alcazars , en architecture palatine, on citera
la alhambra (l’Alhambra). La plus grande mosquée
d’Europe a été construite à
Cordoue ( 850 colonnes!).
Enfin il ne faut pas oublier les jardins, préfiguration
du “paradis” musulman auxquels s’appliquent
parfaitement le vers de Baudelaire “ici tout n’est
que luxe, calme et volupté”.
La musique: c’est aussi une “synthése”
des musiques recueillies de l’Extréme Orient
à l’Occident, du Moyen Orient à
l’Afrique noire.
La musique “musulmane” est “formalisée”
à Cordoue par Zyriab (“l’oiseau noir”)
qui la libère de ses strictes fonctions sacrées
en y introduisant la musique palatine, puis la sortant
des salons pour la mettre dans la rue. La musique doit
contribuer à l’édification -au sens
moral du mot - de la Cité . Zyriab inventera
un oud (luth) à cinq cordes.
Les fameuses cantigas du roi Alphonse le Sage s’inspirent
directement de cette musique “arabo-andalouse”,
musique, à la fois sacrée et populaire
qui se déclinera en un genre noble, la nouba
(littéralement, “à la suite”).Il
s’agit de compositions mélodiques trés
élaborées au contenu profane ou mystique,
exaltant l’amour, la beauté, la sensualité
, ce qui, comme le dit toujours l’art musulman,
sont la preuve de la magnificience de Dieu
EN GUISE DE CONCLUSION.....
(...) la culture islamique avait pris
une tournure savante, raffinée, byzantine pour
le coup. On discutait de points de détails du
dogme, on disputait à propos des lois à
l’infini, on travaillait la langue au plus près
pour la soumettre aux perfections de la langue sacrée,
on calculait ce qui vient aprés la virgule, on
arrêtait la longueur des cheveux, la façon
de vivre au jour le jour, heure par heure, les gestes
à faire, les mots à dire, les pensées
à proscrire, on apprenait le Livre par coeur,
sous la badine de talebs insignifiants, auprés
de vieux singes rompus à la rhétorique,
on apprenait la manière subtile de le débiter
dans les débats publics. Bref, on fabriquait
des musulmans pour l’usage courant. Faute d’une
autorité centrale éclairée qui
dirait la voie, chaque immam y allait de sa formule
et parvenait à se faire son petit troupeau discipliné
et une notoriété relative dans son village.
(...) Il y eut, heureusement, les savants, de vrais
géants qui regardaient le monde et par au delà,
des astronomes, des astrologues, des explorateurs, des
géographes, des philosophes, des médecins,
des mathématiciens, des ingénieurs, des
traducteurs, des poètes, des alchimistes, des
musiciens, des théologiens, à qui on doit
tant de belles choses dont plus tard, l’Occident
naissant fera son miel. Ils sont apparus comme des comètes
dans un ciel plombé. Comment ont-ils pu échapper
aux pesanteurs? Cela relève du miracle, car ils
furent dénigrés par les notables, précautionneux
et serviles, condamnés par les immams, censurés,
bannis et parfois suppliciés par les souverains...Leurs
écrits ne nous sont jamais parvenus, sinon plus
tard, bien plus tard, en d’autres langues, par
le canal de ceux là qui ont su recueillir leur
héritage, les Européens. L’ironie
était là, les Européens détiennaient
leurs premiers savoirs de nos savants et c’est
par eux que nous savions ce que ces génies nous
ont écrit.
J’ai une grande nostalgie pour
ces hommes audacieux et libres. Et pas mal fantasques!
Là, je pense tout-à-coup à ce touche-à-tout
de Firnas: aprés avoir oeuvré dans tous
les métiers, il consacra ce qui lui restait de
vie à l’étude du vol des oiseaux
et en arriva à tenter de les suivre avec des
assemblages suicidaires de bois léger, de gomme
arabique et de plumes. On le voyait partout juché
sur les montagnes environnant Cordoue à piétiner
et à batte des ailes. Il n’en est pas mort,
c’est l’essentiel de sa découverte.
On prétend qu’il a inspiré Léonard
de Vinci; je veux y croire, il mérite cette belle
reconnaissance. On lui doit tant de choses: la vulgarisation
du fameux shindhind qui contenait les formules de calcul
indien qui allaient bouleverserla numérotation
écrite en Orient et en Occident, la construction
d’une horloge de précision, d’une
sphère armillaire, d’un planétarium,etc...Je
pense à l’ethnologue Ibn Battuta, ce génial
globe-trotter qui avec un chameau, une besace et une
outre a fait le tour du monde et ramené tant
de magnifiques et étonnantes choses. Je pense
à ce fin parmi les plus fins d’Ibn Khaldun,
sociologue et politologue brillant comme on n’en
connaît pas de nos jours. Il nous en a appris
de bonnes et de moins bonnes sur nous-mêmes et
les Arabes dans ses fameux Prolégomènes,
je pense à ces géants Avicenne, Averroés,Djahir
qui sont passés au Maghreb et nous ont laissé
un peu de leur génie, je pense à ces grands
hommes comme Saladin, dont l’esprit chevaleresque
nous a enchantés. Je pense à ce fou d’Omar
Khayâm qui a su élever la bacchanale au
premier rang de l’initiation hermétique.
Comment interpréter autrement ce quatrain ?
‘lève-toi, viens, viens, et pour la satisfaction
de mon coeur
donne moi l’explication d’un problème
apporte moi vite une cruche de vin et buvons
avant que l’on fasse des cruches de notre propre
poussière ‘.
Cette civilisation a formé,
ici et là, en Espagne, au Maghreb et dans ses
foyers d’Orient et d’Asie, une race de gens
curieux, de libres penseurs avides de philosophie, de
science, d’humanisme et de tolèrance. Ils
ont su former le trait d’union entre les peuples,
la chaîne qui relie l’Antiquité orientale
au Moyen Age occidental. Ils ont joué dans l’histoire
du progrés humain un rôle exceptionnel,
similaire à celui qu’exercèrent
les Phéniciens mercantis entre l’Egypte,
l’Assyrie et Babylone.Prenant aux uns et aux autres,
aux Grecs, aux Romains, aux Egyptiens, mais aussi aux
Hindoux, aux Chinois et puisant dans leur propre génie,
ces hommes transmirent à l’Europe, par
les conquêtes arabes et les croisades , et par
le simple échange entre hommes de bonne volonté
autour d’un parchemin, d’une cruche de nectar,
un savoir merveilleux et une vision humaine du monde”.
Boualem Sensal
Brève bibliographie
A. CLOT L’Espagne musulmane, M.CHEBEL Dictionnaire
amoureux de l’Islam, B.SENSAL Petit éloge
de la mémoire. Folio 2€ p.89 à 93.
site internet (en espagnol) UNESCO las
rutas del al-andalus
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